Interview : Lewis Bidault, gérant du cabinet P&P

#Marchés Publié le 21 décembre 2020 à 9h47

Pour Lewis Bidault, le gérant du cabinet P&P, en charge de l’étude Fenêtres récemment livrée aux organisations professionnelles*, la fenêtre bois-aluminium est « une niche de marché qui va devoir trouver sa place devant l’émergence d’autres solutions mixtes ». Explications.

Comment expliquez-vous le recul de 3% en volumes de la fenêtre bois-aluminium entre 2017 et 2019 ?

Lewis Bidault : La fenêtre bois-aluminium, ce sont entre 150 000 et 170 000 châssis posés en 2019 en France métropolitaine, compte tenu de la marge d’erreur que nous appliquons lors du traitement des données récoltées. Ce recul de 3,1% en volumes est le plus important parmi les quatre familles de châssis à plus de 100 000 unités posées par an, et s’avère important comparé à l’ensemble du marché, qui progresse de 1,6%.
Je vois deux pistes d’explications. D’une part, ce retrait se ferait au crédit des autres fenêtres dites « mixtes » : le PVC-alu et les multi-matériaux ou dites « hybrides » capotées alu, qui émergent. D’autre part, près de 290 entreprises fabriquent de la fenêtre bois-aluminium en France. La grande majorité ont aussi une production bois qui, elle, a été très dynamique en 2019 (+8%). On peut imaginer que, hormis les majors du secteur, certains acteurs modestes ont dû privilégier le bois au bois-alu dans leurs unités de fabrication.

Comment évolue le prix de la fenêtre bois-aluminium ?

L. B. : Je ne peux pas dévoiler nos données confidentielles sur le prix moyen de vente, réservées aux organisations professionnelles. Ce que l’on peut dire, c’est que le bois-aluminium est le seul matériau dont les importations font augmenter le prix – en clair, dont le prix n’est pas impacté par les importations.
En effet, les pays à culture menuiserie « low-cost » (Pologne, Roumanie, République tchèque) se sont désintéressés de ce marché. Un tiers des produits d’importation provient ainsi de pays limitrophes tels la Belgique ou l’Allemagne, et les deux tiers d’autres pays, tels l’Autriche. Mais surtout, le volume des importations reste très faible : 5,7% contre 11% tous matériaux confondus.

Quelles sont les perspectives ?

L. B. : Quand nous interrogeons les acteurs, fabricants et installateurs, sur leur vision de l’évolution de la fenêtre bois-aluminium après la crise de la Covid, ils nous répondent qu’elle devrait croître à la même vitesse que le marché. On peut dire que c’est une niche de marché faisant désormais partie intégrante de la gamme matériau de la fenêtre et qui va devoir trouver sa place devant l’émergence d’autres solutions mixtes.
En effet, le bois-aluminium n’est plus la seule solution mixte. L’une des interrogations qui se pose à moyen terme porte sur le fait de savoir si toutes les « mixités » auront leur place sur le marché, ou s’il va privilégier les solutions de type multi-matériaux dites hybrides capotées alu.
Autre point : dans la mesure où elles sont posées par beaucoup d’acteurs du bois, attention à ce que le développement du bois ne se fasse pas au détriment du bois-aluminium.

* Étude détaillée du marché de la fenêtre en France en 2019 + 2020. P&P Conseil pour les organisations professionnelles UFME, SNFA, UMB-FFB-Codifab, réalisée auprès de 147 dirigeants de majors industriels du secteur et 911 dirigeants de société de pose entre mars et juillet 2020.

Texte Laurence Martin

Cet article est un extrait du dossier spécial Menuiseries Mixtes de L’Echo de la baie n°138, de Décembre 2020. Pour lire le magazine en intégralité, vous pouvez vous abonner ici ou acheter à l’unité ce numéro ici.

Dans le dossier spécial Menuiseries Mixtes de L’Echo de la baie, vous découvrirez une vingtaine de pages dédiées à l’analyse du marché des menuiseries bois-aluminium, avec des interviews, et un panorama de produits.

Sommaire du dossier spécial menuiseries mixtes :

64 • La fenêtre bois-alu cultive ses atouts
66 • La fenêtre bois-aluminium stable dans sa niche
68 • Interview : Lewis Bidault, gérant du cabinet P&P
70 • Nouvelles valeurs ajoutées
82 • Vous avez dit FDES ?

N°138

Décembre 2020


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