Annick Draelants : Le management dans la transparence

#Fabricants Publié le 28 septembre 2020 à 15h28

A la tête de la société familiale depuis 2012 avec son frère Joris, Annick Draelants impulse aux 300 collaborateurs d’Harol, entreprise spécialisée dans la conception et la fabrication de stores et protections solaires, une dynamique reposant sur l’enthousiasme et la transparence. Rencontre avec cette mère de quatre enfants qui a su se donner toutes les chances de réussir son parcours professionnel et personnel.

L’Écho de la Baie : Pouvez-vous nous résumer votre parcours?

Annick Draelants : Après avoir suivi des études d’économie à Anvers, j’ai commencé à travailler dans l’entreprise familiale, et plus particulièrement au bureau de Lille, pendant un an. Par la suite, je suis revenue à notre siège social, en Belgique, où j’ai, durant 15 ans, occupé différentes fonctions, au marketing, au service clients, à la logistique… Objectif : connaître l’ensemble des activités de chacun pour, à terme, diriger l’entreprise familiale. Et en 2012, l’occasion s’est présentée… en pleine crise économique !

Comment avez-vous pris vos marques en cette période agitée pour Harol ?

Le plus dur pour moi a certainement été de devoir licencier des personnes avec lesquelles j’avais travaillé et que j’estimais beaucoup, humainement. Durant deux ans, nous avons mis en œuvre une restructuration profonde de nos activités. Mais après la crise, nous avons élaboré une nouvelle stratégie, nous avons investi et fait des choix stratégiques – notamment celui de nous ouvrir à l’export – ce qui nous a permis d’impulser une vraie dynamique de changement à laquelle l’ensemble des collaborateurs a adhéré.
Quelles sont vos missions précises au sein de la société ?

Je suis chargée de l’aspect commercial et du développement. Me revient également la Gestion des ressources humaines. Harol est toujours en recherche de nouveaux talents. A ce titre, je supervise les recrutements, qui doivent participer à la création d’une émulation interne entre nos collaborateurs, et à la création de nos innovations. Mon frère lui, a un profil beaucoup plus technique, et chapeaute le développement des nouveaux produits.

Pensez-vous que le fait d’être une femme vous permette de diriger votre entreprise d’une manière spécifique ?

Je crois que chaque dirigeant, homme ou femme, selon son caractère, marque de son empreinte la vie de l’entreprise. Personnellement, je suis des formations en management, leadership… Cela m’apporte beaucoup. J’instaure aussi la transparence totale avec mes collaborateurs et n’hésite pas à leur faire savoir si je suis – ou non – satisfaite de la qualité de leur mission. Ce n’est pas facile, mais indispensable pour que chacun puisse évoluer. Mais la transparence s’exerce aussi dans les deux sens… Par exemple, lors des entretiens de bilan, quand nous avons des collaborateurs qui quittent l’entreprise, certains me font un retour avec des critiques constructives et cela me sert beaucoup pour optimiser le fonctionnement interne de l’entreprise. Donc je ne sais pas si le fait d’être une femme aide à diriger une entreprise, mais je peux vous dire que je n’ai jamais considéré le fait d’être une femme comme un handicap. Il faut juste très bien organiser sa vie familiale.

Justement, qu’entendez-vous par “bien organiser sa vie familiale” ?

J’entends beaucoup de femmes, aux parcours académiques remarquables, qui hésitent, voire renoncent, à accéder aux responsabilités de chef d’entreprise. Leur motif : elles manqueraient de disponibilité car leur vie familiale est trop dense. Je suis moi-même mère de quatre enfants. Si les trois aînés sont à l’Université, la petite dernière n’a que onze ans. Durant le confinement, j‘ai du la laisser seule à la maison et, au départ, je culpabilisais un peu… Mais, de manière générale, je pense que, lorsqu’un jeune en est capable, il faut au contraire encourager sa prise d’indépendance progressive. Non seulement il se sent ainsi valorisé, mais il goûte à un espace de liberté inconnu jusqu’alors, nécessaire pour qu’il puisse grandir, acquérir de la confiance en lui et se développer. Par ailleurs, nous vivons en centre ville et tous nos enfants sont toujours allés seuls à l’école, par exemple. Donc je voudrais dire à ces femmes de ne pas culpabiliser et de ne pas sacrifier leurs carrières si elles sentent en elles l’envie de foncer et de bâtir !

Échangez-vous régulièrement avec des femmes et si oui, dans quel cadre ?

Je fais partie d’un groupe de femmes dirigeantes et je n’y vois que des avantages. Ce cadre confidentiel permet de relâcher ses émotions et d’être écoutée sans jugement. Et, grâce à l’échange, nous pouvons remettre en cause, parfois, notre façon de voir les choses, notre style de management… Nous nous enrichissons respectivement des expériences de nos homologues.

Comment faîtes-vous pour gérer la pression du quotidien ?

J’ai une recette infaillible : le sport ! Je ne peux pas imaginer un jour sans pratiquer la course, le paddle, le vélo… Aujourd’hui, par exemple, je me suis levée à 6h30 pour aller courir. Cela m’est indispensable pour m’assurer une détente mentale, ainsi qu’une hauteur sur certains problèmes du quotidien.

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N°136

Septembre 2020


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