Présidence du SNEP

un mandat phare vers la transition énergétique

#Quoi de neuf ? Publié le 1 octobre 2018

Réélu en juin dernier Président du Syndicat national des extrudeurs plastiques, Yann de Bénazé, impliqué depuis plus de quinze ans au sein de ce syndicat, met en lumière les enjeux auxquels devront faire face les adhérents durant ces prochaines années. Des enjeux relayés par une communication digitale et événementielle accrue. Rencontre avec Yann de Bénazé et Philippe Gressier, Président de la Commission Communication du SNEP.

Yann de Bénazé, vous venez d’être réélu à la Présidence du SNEP. Quels sont vos objectifs pour cette nouvelle mandature ?

Comme vous le savez, nous évoluons dans un climat gouvernemental tendu, puisque le taux du crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) a été réduit au 1er janvier 2018 de 30 à 15% pour le changement des portes et fenêtres jusqu’en juin 2018 pour être supprimé depuis. Un choix très discutable lorsque l’on connaît la réalité de son impact en terme d’amélioration de l’isolation et au moment où la part environnementale est mise dans l’actualité avec le changement de Ministre, la « recyclabilité » totale du PVC et sa composition, contenant moins de 50% de produits pétroliers devraient réveiller les consciences. Pour autant, l’heure n’est pas à la polémique. Il nous faut agir vite et bien si nous voulons atteindre l’objectif fixé pour 2025, à savoir construire des bâtiments totalement passifs. Pour ce faire, le SNEP, non seulement poursuivra les missions qui sont les siennes, à savoir fédérer l’ensemble des professions que nous représentons (compoundeurs, extrudeurs, extrudeurs-gammistes, membres associés regroupant les métiers de la chimie, du film de plaxage, des regénérateurs). Nous mettrons également en oeuvre des actions destinées à respecter un engagement volontaire, celui d’augmenter à 20% les matières plastiques recyclées dans la fabrication des profilés PVC. Cette décision va dans le sens d’une accélération de l’économie circulaire voulue par le Gouvernement.

Quelles actions allez-vous déployer pour satisfaire cet objectif des 20 % ?

Il existe aujourd’hui un gisement de profilés de 40 000 tonnes de produits PVC en fin de vie. Mais on estime à seulement 10 000 tonnes la quantité réellement collectée et réintroduite dans de nouveaux produits de menuiserie. C’est dire l’importante marge de progression qui se présente. Pour pouvoir augmenter cette part de produits recyclés dans les profilés, il faudra accomplir un travail réunissant l’ensemble des acteurs pour qu’en 2025, les profilés PVC intègrent 20% de matières recyclées. Ceci implique nécessairement d’intensifier notre politique de collecte et d’accélérer la déconstruction. Le SNEP est l’un des premiers acteurs à avoir pris activement part à la structuration de la collecte. Il s’agira de poursuivre et d’intensifier cette démarche dans les années à venir.

20 % de matériaux issus de la collecte en 2025, cela vous semble réaliste ?

Il s’agit d’une ambition parfaitement réaliste lorsque l’on sait qu’en 2025-2030, les premières générations des fenêtres PVC, conçues dans les années 70, 80 et 90 vont, soit arriver en fin de vie, soit seront à changer par des fenêtres nouvelle génération. Ces dernières présentent des performances énergétiques et techniques bien supérieures, et sont réalisées dans des matériaux provenant en grande partie de la collecte. Ainsi, même si le Gouvernement a réduit à court terme les mesures fiscales dédiées au changement des fenêtres, ces dernières représentent un élément central du confort de la maison. Nous mettrons donc en oeuvre une politique visant à mieux informer les pouvoirs publics des potentialités du PVC ainsi que sa composition éco-responsable. Mais ce travail “d’évangélisation” est très complexe et chronophage, non seulement auprès des pouvoirs publics, mais également des architectes des bâtiments de France, qui font parfois des choix empreints d’apriori qui n’ont désormais plus lieu d’être, on sait parfaitement faire des fenêtres performantes et respectueuses de tous les types d’architecture .

Ce travail de persuasion des décideurs est-il mené strictement dans le cadre du SNEP ?

Pas du tout et heureusement. Le SNEP est un intermédiaire puisque produisant une matière première livrée aux menuisiers qui, eux, la transforment en produit fini. Notre voix ne serait donc pas assez puissante pour être entendue. C’est pourquoi nous sommes membre du Conseil d’administration de l’EPPA, à Bruxelles, qui est l’organisation européenne des fabricants de profilés de fenêtre PVC. Nous sommes également membre de l’AIMCC (Association française des industries des produits de construction). Via ces structures, nous portons la voix de nos adhérents et des menuisiers et multiplions les contacts avec les ministères. Ainsi, nous avons activement pris part, via ces structures, à l’élaboration du projet de loi ELAN, sur l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique.

Philippe Gressier, en tant que Président de la Commission Communication du SNEP, comment assurez-vous la promotion des actions du SNEP ?

Depuis plus d’un an, nous avons mis en oeuvre une politique de communication sur les réseaux sociaux. LinkedIn, dédié aux professionnels, recense aujourd’hui plusieurs centaines de followers. Pour Facebook, touchant le grand public, la stratégie peine à porter ses fruits. Rien d’étonnant à cela, puisque le grand public achète ses fenêtres directement à un menuisier et ne se préoccupe que marginalement des matériaux qui la composent. C’est pourquoi nous allons infléchir le positionnement de notre page Facebook et la consacrer à la valorisation de notre marque de qualité QualiPVC fenêtre, attribuée aux menuisiers respectant un process de fabrication et une organisation interne vertueuse, validée par un organisme indépendant. Enfin, le SNEP sera présent au prochain salon EquipBaie, en novembre prochain pour promouvoir la marque QualiPVC fenêtre et son engagement volontaire au service du mieux vivre.

N°126

Décembre 2018


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