Les menuiseries mixtes : le meilleur matériau au meilleur endroit

#Quoi de neuf ? Publié le 25 avril 2019

Elles ne représentent encore que 3,3% du marché, mais leurs ventes ne cessent de croître depuis plusieurs années. Les menuiseries mixtes séduisent  aujourd’hui un public à la fois en recherche d’un produit techniquement optimal, et désireux de conférer à son logement une identité spécifique. Echanges avec trois adhérents du SNEP ; Yann de Bénazé, Président du SNEP et de PROFINE France, Sylvain Gaudard, Membre de la Commission Communication du SNEP et Responsable Communication chez PROFIALIS, et Pierre Trespaillé, Directeur Recherche et Développement chez ALPHACAN et Président du Comité NF 126.

Menuiseries mixtes : analyse

L’Echo de la baie : Comment expliquer l’intérêt grandissant du public pour la menuiserie mixte ?

Sylvain Gaudard : L’appellation de “menuiserie mixte” recouvre plusieurs réalités : une porte ou une fenêtre en PVC recouverte d’un plaxage aluminium ou d’un plaxage bois, d’un capotage aluminium (un profil aluminium vient recouvrir une fenêtre PVC) ou des systèmes complets dont les profilés sont constitués d’au moins 2 matériaux différents (PVC/alu, Bois/Alu, Alu/PVC/Bois etc…). Si la menuiserie mixte reste encore un produit de niche, l’association PVC et capotage aluminium représente pour l’heure la majorité des ventes dans les PVC/Alu.

Des résultats qui s’expliquent par le fait que le public, aidé par les fabricants, a compris qu’il fallait cesser d’opposer les matériaux et, qu’employés en combinaison, ils permettaient d’offrir un meilleur service. Aujourd’hui, la majorité des propriétaires exprime une double exigence. Celle d’évoluer dans un cadre de vie au confort optimisé, à la fois thermiquement et phoniquement : exigence satisfaite par le PVC. Mais aussi celle de maîtriser entièrement l’esthétique de leur logement, en optant pour la couleur ou pour l’esprit “cocooning” avec une exigence d’authenticité. Pour aller plus loin que les réponses couleur pourtant riches, offertes par la fenêtre PVC, le capotage et les plaxages bois ou aluminium apparaissent comme des solutions pertinentes qui continuent de bluffer un professionnel quant à l’aspect du produit final, tant le champ des possibles s’étend quotidiennement. Enfin, pour la chaleur et la convivialité, personne n’a encore fait mieux que le bois dont on va pouvoir parer notre fenêtre PVC. Une menuiserie mixte, c’est ainsi l’art d’employer le bon matériau au bon endroit.

Pourquoi les menuiseries mixtes restent-elles des produits de niche ?

Yann de Bénazé : Si, en Autriche ou au Danemark, les menuiseries mixtes représentent aujourd’hui plus de 25% du marché, la France n’est pas dans un contexte comparable pour plusieurs raisons. Une raison de climat, d’abord. Un autrichien ou un danois va avoir une seule priorité : vivre au chaud chez lui. Une question qu’un français ne se pose pas, non seulement parce que le climat est moins rigoureux, mais aussi parce que l’aluminium français est plus performant qu’en Europe du Nord. Les menuiseries mixtes françaises aluminium / PVC répondent donc parfaitement aux attentes du marché. Par ailleurs, le PIB moyen danois ou autrichien est bien supérieur à celui de l’hexagone. Les menuiseries mixtes étant aujourd’hui encore des produits globalement chers, peu de français ont malheureusement accès à ce type de produits.

Sylvain Gaudard : S’agissant du prix, il est vrai que, si les assembleurs peuvent adapter leurs réponses à leurs outils industriels, les gammistes doivent fournir une réponse généraliste à de nombreux ateliers, qui ont des attentes différentes. Ce qui explique pourquoi, jusqu’à maintenant, les mixtes proposés sur le marché sont souvent des solutions spécifiques à un fabricant, alors que les faibles volumes et la plus grande complexité d’assemblage imposent un prix des menuiseries mixtes qui reste élevé. Mais je m’attends à ce que les gammistes apportent prochainement des solutions optimisant la transformation des différents matériaux entrant dans la composition des menuiseries mixtes, les solutions « capotage » actuellement sur le marché sont déjà une réponse pertinente.

Le capotage aluminium représente l’essentiel des ventes en menuiserie mixte, alors que le plaxage bois peine à séduire le public en dépit de ses avantages intrinsèques. Comment le justifier ?

Pierre Trespaillé : Il est vrai qu’un plaxage bois véritable n’a pas son pareil pour conférer chaleur et convivialité à un intérieur. Disponible en différentes essences comme le noyer, le chêne européen, le frakké (bois brésilien), le wengé, le teck… une menuiserie mixte PVC/bois allie performances techniques, thermiques et ambiance “cocooning” propres aux nouveaux intérieurs contemporains. Les produits actuels ne proposent qu’un plaxage bois véritable à l’intérieur. L’extérieur, pour des raisons de résistance aux intempéries, ne pouvant être conçu pour l’heure qu’avec des solutions classiques comme le plaxage d’un film acrylique décor ou couleur ou plus rarement proposées, la coextrusion d’une couche de PMMA (poly méthacrylate de méthyle = résistance/couleur), le capotage Alu ou le laquage du PVC.

Cette solution peut ainsi décevoir certaines familles, pour lesquelles le bois s’impose comme une évidence, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Je pense que les possibilités techniques et l’étendue de la gamme des menuiseries mixtes PVC/bois doivent se développer pour dépasser le chiffre de 0,5% de nos ventes de profilés, enregistré en 2017 et que les pistes ou sujets de recherche envisagés et engagés permettront d’ici quelques temps de résoudre les problématiques rencontrées et d’apporter, comme pour l’intérieur, une composante bois en extérieur avec un rapport (performance-esthétique)/prix acceptable.

Tous les types de menuiseries peuvent-ils être concernés par cette mixité ?

Sylvain Gaudard : Techniquement, oui. Qu’il s’agisse de portes-fenêtres coulissantes, oscillo-battantes, de portes d’entrée… rien ne s’oppose au capotage aluminium ou au plaxage bois sur tout type de menuiserie PVC. Je pense cependant que l’oscillo-battant sera plus représenté en menuiserie mixte car nous nous situons sur un niveau de finition supérieur, correspondant davantage aux exigences des familles adeptes de mixité. Pour le coulissant, aussi, tout est envisageable, du capotage au placage en passant par des solutions faisant intervenir des profilés véritablement mixtes. Techniquement, je ne vois aucun frein.

Yann de Bénazé : Tout est là encore une question de culture. Certains pays privilégiant un système d’ouverture à un autre. J’ajoute que, quel que soit le type de menuiserie, la forme de l’aluminium peut aussi permettre de compenser le renfort. Nous allons aussi être en capacité d’injecter dans le profilé une mousse isolante qui va permettre de positionner la menuiserie mixte comme un produit aux performances égales à celles de l’habitat passif.

A quels enjeux le SNEP doit répondre pour optimiser l’image des menuiseries mixtes en France ?

Yann de Bénazé : En tant que syndicat, nous allons travailler sur la fenêtre mixte et son environnement normatif. Les questions relatives à sa mise en œuvre seront prochainement abordées, en concertation avec le CSTB. Enfin, nous allons initier des actions de communication pour valoriser la performance du PVC et du capotage aluminium.

www.snep.org


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