Crise du bâtiment : la FFB alerte sur l'urgence d’un choc de mesures dans le PLF 2027

#Quoi de neuf ? Publié le 22 septembre 2026 par L'Echo de la Baie

À l’occasion de sa conférence de presse du 15 septembre 2026, la Fédération Française du Bâtiment (FFB) a dressé un bilan alarmant de la situation de la construction en France. Alors que le PIB cale — la croissance pour 2026 plafonnant à 0,4 % —, le secteur de la construction continue d’agir comme un frein majeur sur l’économie. La FFB qualifie ainsi le Projet de loi de finances (PLF) 2027 de « loi de la dernière chance » pour enrayer ce repli généralisé.

Une dégradation générale de l’activité

La reprise espérée du marché ne s’est pas concrétisée et fait place à un recul global :

  • Un chiffre d’affaires en baisse : La FFB prévoie un effritement du chiffre d’affaires de 0,3 % pour 2026 (hors effet prix). En quatre ans, la chute d’activité atteint 12,3 %, ramenant le marché aux niveaux de la fin des années 1990.
  • Le neuf à un bas niveau historique : Malgré un rebond éphémère des mises en chantier à environ 300 000 logements, les autorisations de bâtir chutent de 8,0 % au cours des derniers mois (poussées par l’effondrement du collectif à -16,6 %). Les ventes de logements neufs accusent quant à elles un décrochage net, aggravé par une baisse de 20 % de la production de crédit immobilier.
  • Le non-résidentiel à la peine : Le secteur souffre notamment du blocage de la commande publique suite aux élections municipales, illustré par une chute d’un tiers (-29,9 %) des autorisations pour les bâtiments administratifs.
  • L’amélioration-entretien dans le rouge : Ce segment clef enregistre son septième trimestre consécutif de baisse (-3,3 %), tandis que la rénovation énergétique plonge de 4,3 % (et -4,5 % pour le seul logement), impactée par les révisions réglementaires et le rabotage des aides comme MaPrimeRénov’ ou le Fonds vert.

Tensions financières et destructions d’emplois

Cette baisse d’activité s’accompagne d’un « effet ciseau » délétère pour la trésorerie des entreprises de BTP :

  • Pression sur les coûts : En raison du conflit international dans le Golfe Persique, le prix des matériaux (bitume, GNR, PVC, acier, bois) a grimpé au cours de l’année, enregistrant une hausse de 4,3 % sur l’index BT01, soit plus de trois fois l’inflation générale.
  • Délais de paiement allongés : Les délais de règlement de la clientèle publique comme privée se tendent, détériorant davantage les marges opérationnelles (en baisse de 1,5 point).
  • Hécatombe sociale : La FFB anticipe la perte de 20 000 emplois en 2026 (portant le cumul à 60 000 postes supprimés sur quatre ans). Les prévisions d’embauche s’effondrent de 16,4 %, affectant particulièrement les jeunes de 15 à 29 ans et les contrats en alternance. Les défaillances d’entreprises, estimées à 12 000 sur l’année, touchent de manière inquiétante les structures plus importantes (progression de plus de 20 % des procédures pour les PME de plus de 20 salariés).

Les propositions clés de la FFB

Pour éviter l’enlisement de la filière, la FFB avance plusieurs leviers d’action d’urgence auprès des pouvoirs publics :

  1. Soutien fiscal et législatif : Améliorer le dispositif « Jeanbrun » (extension à la maison individuelle neuve et assouplissement de ses paramètres d’amortissement), sanctuariser le Prêt à Taux Zéro (PTZ) et maintenir les crédits dédiés à la rénovation énergétique (MaPrimeRénov’, CEE, Fonds vert) au niveau de 2026.
  2. Assouplissement des règles de crédit : Revoir les critères du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF), notamment le plafond rigide de taux d’effort à 35 %, pour débloquer le crédit aux ménages.
  3. Pause réglementaire : Reporter l’application des nouveaux paliers 2028 et 2031 de la RE2020 afin de limiter les surcoûts de construction et revoir la prise en compte du confort d’été.
  4. Simplifications administratives et écologiques : Adapter les modalités de la facturation électronique aux spécificités du secteur (acomptes, sous-traitance) et refondre la Filière à Responsabilité Élargie du Producteur (REP) déchets, jugée trop coûteuse et inefficace en l’état.

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