Avec 10,9 Millions de fenêtres,

le marché repart à la hausse

#Quoi de neuf ? Publié le 26 septembre 2018

Avec une progression de +7 %, après avoir subi une baisse durant 10 ans, le marché de la fenêtre en France reprend ses couleurs avec toujours en tête la rénovation.

Le marché français de la fenêtre bénéficie d’une embellie avec une augmentation constatée du marché de 7 % entre 2015 et 2017. Cette reprise du marché fait suite à une décennie de baisse continue après l’apogée du marché observée en 2005-2006 avec 12,3 millions de fenêtres. Sur la période 2000-2006, le marché avait progressé en moyenne de 4 % chaque année. De 2008 à 2015, le volume du marché avait ensuite baissé d’environ 5 % à chaque mesure pour revenir en 2015 au même niveau qu’en 2002 autour de 10 millions d’unités (-4 % en 2010, -5 % en 2012 et -8,3 % en 2015).

La part de l’importation

La part de l’importation dans le marché français augmente à chaque mesure, passant de 2,6 % en 2002 à 10,5 % en 2017 (en hausse de 13 % en volume par rapport à 2015). Les fenêtres françaises PVC restent encore les plus impactées par l’importation en volume avec une augmentation du volume importé (79 % des fenêtres importées sont des fenêtres PVC). Les fenêtres bois de fabrication industrielle (celles de fabrication artisanale ne sont pas concernées) restent également très fortement impactées, même si le volume importé reste stable par rapport à 2015 (12 % des fenêtres importées sont des fenêtres bois de fabrication industrielle). En revanche, on observe, dans une plus faible mesure, une hausse des importations au niveau des fenêtres aluminium (+19 % ; 18 % des fenêtres importées) et des fenêtres mixtes (+43 % ; 1 % des fenêtres importées).

Production Marché de la fenêtre

Importations France Marché de la fenêtre

Un prix moyen en hausse

Le prix moyen d’une fenêtre en prix « fourniture seule–valeur vente fabricant » est de 480 euros HT, un prix en hausse par rapport à il y a 2 ans (+11%) et qui faisait déjà suite à une hausse de 6 % entre 2012 et 2015. Ce même prix moyen est de 880 euros HT pour une fenêtre fournie posée (en hausse de 9 % par rapport à 2015). Ces augmentations du prix moyen des fenêtres progressent à un rythme plus élevé que l’inflation, sous l’effet de règlementations plus contraignantes (isolation et taille des fenêtres) et d’un abandon progressif des produits d’entrée de gamme importés. Les coûts de distribution et de pose restent relativement stables. Au total, la valeur totale du marché progresse plus rapidement (+18 %) que les volumes sous l’effet d’une montée en gamme des produits.

Les tendances par matériau

En volume, quatre grandes tendances se dessinent : la progression très rapide de l’aluminium (+21 %), des fenêtres mixtes (+20 %), la hausse des fenêtres bois de fabrication artisanale (+9,4 %) et la baisse de la fenêtre industrielle
bois (-1,9 %). Concernant les fenêtres mixtes, il est important de noter, qu’au départ, ce marché était essentiellement
composé de fenêtres mixtes bois-alu. Aujourd’hui, d’autres mixités (PVC/Alu et fenêtres hybrides avec 3 matériaux) dynamisent ce marché (entre 5 et 10 %). Globalement, le marché de la fenêtre bois est assez stable en volume entre 2000 et 2006, puis baisse régulièrement de 2006 à 2017 : recul de 9 points en parts de marché et de 711 000 fenêtres en volume entre 2000 et 2017. Le marché ne doit sa petite progression entre 2015 et 2017 qu’à l’importation et à la fenêtre artisanale. Les fenêtres bois ne représentent aujourd’hui plus qu’1 fenêtre sur 10, contre 1 sur 5 en 2000. Ce sont les fabricants « industriels » qui sont les plus grands perdants avec un recul de 8,8 points sur cette période (2000-2017) alors que les fabricants de fenêtres bois artisanales reflètent, sur la même période, une quasi stabilité (-0,3 point).
Le PVC continue de dominer très largement le marché, même s’il voit sa part de marché s’effriter de près de 7 points sur la période 2006-2017. Cela représente 1 670 000 fenêtres en moins, malgré une très petite reprise du marché entre 2015 et 2017 (+ 43 000 fenêtres). Ramené à la période 2000-2017, la part de marché du PVC baisse de 4,5 points (le marché 2017 représente pourtant 371 000 fenêtres PVC de plus que le marché 2000). Cette baisse de parts de marché se fait essentiellement au profit de l’aluminium. L’aluminium et les fenêtres mixtes sont les deux seuls matériaux dont la part de marché augmente depuis 2000. L’aluminium a gagné 12,5 points de parts de marché en 17 ans (représentant 1 590 000 de fenêtres) et les fenêtres mixtes ont progressé de 114 % en volume sur un marché plus petit entre 2000 et 2017 (représentant 149 000 fenêtres).

L’estimation en valeur

L’estimation en valeur ” fourniture seule–vente fabricant “- conduit à des parts de marché sensiblement différentes de celles constatées en volume. Le bois reste globalement stable : 11 % en volume (stable) et 13 % en valeur (-1 point).
L’Aluminium continue sa progression et passe de 26 % en 2015 à 29 % en 2017 (en volume) et de 38 % en 2015 à 41 % en 2017 (en valeur) en raison d’un prix ” fourniture seule/vente fabricant ” supérieur d’environ 50 % à la moyenne du marché des fenêtres PVC (et aussi d’une taille supérieure). Les fenêtres mixtes, comme les fenêtres bois, restent stables par rapport à 2015 : 3 % en volume (+1 point) et 4 % en valeur (stable).

A contrario, le PVC, qui représente 57 % du volume du marché ne représente plus que 42 % de la valeur du marché (en recul par rapport à 2015 : 60 % de volume de marché et 45 % de la valeur du marché).

Les types d’ouverture

Pas d’évolution significative au niveau des types d’ouverture entre 2015 et 2017. Depuis 2010, on assiste à une relative stabilité du marché des fenêtres à frappe (autour de 55%). Ce marché reste le système d’ouverture largement prédominant. Cette solution avait cependant perdu 7 points entre 2004 et 2012.
L’oscillo-battant stabilise sa position dans l’univers de la fenêtre en France avec un taux de pénétration de 29 %, en hausse de 3 points par rapport à 2015. La fenêtre coulissante reste essentiellement une spécificité des fenêtres aluminium. Sur environ 1,4 millions de fenêtres coulissantes fabriquées en 2015, 73 % sont des fenêtres aluminium.

Tendance par ouverture - marché fenêtre 18

Les spécificités par matériau

  • Bois
    Parmi les fenêtres bois, l’ouverture “à la française”, reste le système d’ouverture largement prédominant avec 65 % (70 % pour les fenêtres bois de fabrication industrielle et 62 % pour les fenêtres bois de fabrication artisanale).
    Cependant, l’oscillo-battant progresse fortement de 11 % à 25 % en 7 ans, du fait surtout de la fenêtre “artisanale” de plus en plus dominante face à la fenêtre bois industrielle (pas d’écart significatif entre les fenêtres bois de fabrication industrielle et de fabrication artisanale en 2017).
  • PVC
    Depuis 2010, la répartition des fenêtres PVC est relativement stable en termes de type d’ouverture : 60 % de frappe, 30 % d’oscillo-battant et 5 à 7 % de coulissant.
  • Aluminium
    En même temps que la part de marché de l’aluminium progresse, son profil se rapproche de ses concurrents (progression de la frappe et de l’oscillobattant) tout en conservant, encore, sa spécificité “coulissant” (33 %).
  • Mixte bois-alu
    La fenêtre mixte est un produit plutôt “haut de gamme” avec une forte proportion d’oscillo-battant (37 %).

Des fenêtres plus performantes

Le marché progresse rapidement vers des fenêtres à coefficient Uw plus performant. Les fenêtres à coefficient Uw supérieur à 2 sont quasiment inexistantes et les fenêtres à coefficient Uw<1,4 progressent à nouveau et représentent la moitié des fenêtres et devancent maintenant les fenêtres dont le coefficient Uw se situe entre 1,4 et 2 (47 %).

  • Bois
    Les fenêtres bois ayant un Uw <1,4 progressent (+4 points versus 2015). 6 fenêtres bois sur 10 ont un coefficient Uw supérieur à 1,4. On n’observe pas d’écarts significatifs entre les fenêtres bois de fabrication industrielle et les fenêtres bois de fabrication artisanale en 2017.
  • PVC
    Le PVC continue sa progression en termes de coefficient Uw. Il n’y a plus de fenêtres PVC à Uw supérieur à 2, et celles dont le coefficient Uw est inférieur à 1,4, représentent près de 70 % du marché.
  • Aluminium
    Les fenêtres aluminium dont le coefficient Uw est inférieur à 1,4 progressent de 14 % à 24 % entre 2015 et 2017.
  • Mixte bois-alu
    La fenêtre mixte est encore un petit marché (2,8 %), mais elle est très performante : la proportion de fenêtres à coefficient Uw inférieur à 1,4 représente 77 % du total des fenêtres mixtes.

La rénovation, l’essentiel du marché

La progression du marché du neuf de près de 100 000 fenêtres lui a permis de conserver sa part de marché à 22 %. Le phénomène nouveau concerne la rénovation des bâtiments non résidentiels dont la part de marché progresse de 9 à 12 % en 2 ans (et de 400 000 fenêtres supplémentaires). La rénovation en résidentiel progresse légèrement en volume (+ 175 000 fenêtres), mais perd 3 points de parts de marché (de 69 % à 66 %). L’existence d’un parc de près de 200 millions de fenêtres dans des logements construits avant 1980, en est la principale explication. Le fait que les murs rideaux soient hors du champ de l’étude contribue à expliquer la modestie de la part du non résidentiel tant en neuf qu’en rénovation.


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