Hans Werner Hilzinger : La réussite n’a pas de frontières

#Fabricants Publié le 29 novembre 2021 par L'Echo de la Baie

Une soif d’épanouissement personnel, un challenge, une attirance particulière pour la France… autant de facteurs qui ont influencé, un jour de 1991, Hans Werner Hilzinger, Président du Groupe éponyme, à s’établir Outre-Rhin.
A l’aube de sa passation de relais, le plus francophile des industriels allemand retrace avec plaisir (et sans nostalgie !) la genèse de sa carrière et esquisse les projets du Groupe.

Hans Werner Hilzinger, avez-vous manifesté très jeune l’ambition de créer votre entreprise ?

En 1946, l’année de ma naissance, mon père a fondé une petite miroiterie à dix kilomètres de la frontière allemande. J’ai donc, durant toute mon enfance, entendu parler de l’entreprise. J’ai trois soeurs aînées qui auraient d’ailleurs parfaitement eu l’étoffe de dirigeantes. Mais, à l’époque, malheureusement, les femmes ne se lançaient pas dans l’entrepreneuriat. Quant à moi, je n’ai pas désiré reprendre immédiatement le flambeau. J’aimais apprendre et souhaitais connaître le monde. Ainsi, j’ai poursuivi des études, entre autres de commerce, mais aussi de sociologie, d’économie… Une première partie de ma carrière a été orientée vers la formation continue. J’y ai développé le goût d’aider les autres, en particulier à trouver leur voie professionnelle. Et c’est comme si, à force de prodiguer ces bons conseils, je me les appliquais à moi-même ! J’ai crée mon entreprise en 1989 dans ma maison à Kehl en Allemagne et en 1991, je décide de racheter, en Alsace, une entreprise qui fabriquait des fenêtres PVC. Un choix qui venait à la fois du cœur, mais aussi de la raison, mon frère cadet, au profil beaucoup plus technique que moi, évoluant aussi dans le domaine de la menuiserie. Ensemble, de chaque côté du Rhin, nous savions que nous serions amenés à accomplir de grandes choses !

Pouvez-vous nous retracer la genèse du développement du Groupe Hilzinger en France?

Hans Werner Hilzinger : Dès le rachat de l’entreprise française en 1991, je recherche activement un terrain sur lequel agrandir la structure. Je le trouve en 1993, dans le port autonome de Strasbourg. Aujourd’hui encore, le bâtiment est le siège social français du Groupe. Ensuite, le développement est rapide. En 1996, je rachète une entreprise bretonne, située à côté de Dinan, puis, nous déménageons pour un nouveau site plus grand, en 2001-2002, entre le Mont-Saint-Michel et Saint-Brieuc. Nous ajustons alors notre capacité de production au volume de notre chiffre d’affaires, grandissant. Ainsi, en 2007-2008, nous triplons notre surface de production. Dorénavant, toutes les fenêtres vendues en France sont produites en France. Il en va de même en Allemagne. Nous mutualisons tout de même notre système informatique, nos logiciels, nos fournisseurs, ainsi que nos produits. Mais chacun reste dans un premier temps indépendant dans le développement de ses affaires. La croissance française se poursuit par le rachat en 2006 d’une entreprise spécialisée dans la création de fenêtres PVC, à côté de Cholet, ainsi qu’en 2009, par l’acquisition de la société Vosgienne Couval, spécialisée dans la création de fenêtres bois et mixtes aluminium-bois. Il s’agit d’une compétence clé pour le Groupe, car nous n’avions pas encore d’entreprise spécialisée dans le bois. Or, stratégiquement, il est important de détenir cette “carte de visite”. En effet, le PVC français subit la concurrence toujours plus difficile du PVC européen. Le bois mais aussi l’aluminium représentent certes, des marchés pour l’heure moins importants que le PVC, mais absolument indispensables si nous désirons maintenir notre position d’entreprise “qui compte” sur le marché.

Quels sont les projets de développement du Groupe ?

Dans les cinq ans à venir, nous allons consacrer un budget de huit millions d’euros au développement de l’entreprise Couval. Et cela commence l’an prochain, par la construction d’une extension du site actuel, qui coûtera entre quatre à six millions d’euros. Le développement de la menuiserie bois ou mixte bois-alu représente pour le groupe un vecteur de croissance très important pour les années à venir. De plus, nous allons renouveler le parc machines de l’usine des Côtes-d’Armor, spécialisée dans le PVC Ainsi, d’ici deux à trois ans, nous allons investir deux millions d’euros pour ce renouvellement. Pour cela, nous pouvons nous appuyer sur l’expérience de nos collègues allemands, qui ont déjà commencé à renouveler le parc machines de plusieurs de leurs usines afin de rationaliser les process, optimiser les coûts et améliorer encore la qualité.

Comment voyez-vous la fenêtre de demain ?

Elle sera forcément intelligente. Par cet adjectif, je pense au vitrage, mais aussi à l’évolution des équipements de la fenêtre. Des capteurs y seront certainement intégrés et géreront à distance l’ouverture, l’aération, la régulation de la température… Si la fabrication de ces produits ne m’inquiète pas, je suis en revanche plus dubitatif concernant leur pose. Les architectes et nous tous aimons les grandes baies vitrées, essentiellement pour bénéficier du maximum de lumière naturelle. Mais les dimensions exponentielles des produits posent de plus en plus de problèmes de manutention sur les chantiers. Dans le même temps, en France, nous nous heurtons à une réelle pénurie de techniciens poseurs. Il faut à tout prix que le système éducatif valorise ces métiers, ce qui passe nécessairement par une re-définition des salaires de ce corps de métiers.

Lire la suite de l’interview :

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N°144

Décembre 2021


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