Le joyau lumineux de l’hôtel de la Marine

#Quoi de neuf ? Publié le 30 avril 2019

Conçue comme un gigantesque « lustre de jour » par l’architecte britannique Hugh Dutton, la verrière de 300 m2 de l’Hôtel de la Marine éclairera l’accueil de ce futur lieu d’exposition et de vie. Son budget de construction de 3,2 M€ est financé à hauteur de 800 000 € par les Fondations VELUX®.

Haut-lieu du patrimoine français réalisé entre 1757 et 1774 place de la Concorde à Paris par l’architecte Ange-Jacques Gabriel, l’Hôtel de la Marine fut d’abord le Garde-meuble de la couronne sous Louis XV. Ancêtre du Mobilier National, il est en quelque sorte le premier musée public d’Arts Décoratifs à Paris. Le Ministère de la Marine s’y installe à la Révolution Française pour le quitter en 2015. Depuis en cours de rénovation et placé sous la responsabilité du Centre des monuments nationaux*, cet édifice qualifié de chef-d’œuvre du XVIIIe siècle sera remis sur le devant de la scène touristique parisienne. Les 12 000 m2 du site seront reconvertis en bureaux, salles d’exposition et lieu de vie avec librairie, boutiques, restaurant, salon de thé… pour une ouverture au public au printemps 2020.

L’hôtel de la Marine : un projet d’envergure

Structure légère et immatérielle, la verrière qui signera l’accueil, est sans conteste la pièce maîtresse de ce nouvel aménagement. A l’instar de la pyramide du Louvre, elle instruit une note contemporaine qui valorise l’architecture noble du bâtiment en revalorisant ses proportions originelles mais elle a surtout pour rôle de diffuser la lumière zénithale dans l’espace sombre de la Cour de l’Intendant. Positionnée au-dessus de la corniche du 2ème étage, elle permettra de masquer la partie XIXème du 3ème étage, pour ne conserver que la partie XVIIIème du bâti originel. Ainsi couronnée de verre et baignée de lumière, la cour servira de sas d’accueil pour orienter les visiteurs, travaillant la transition entre l’espace public de la cour d’honneur et ses services, et les espaces d’apparat et leur offre culturelle.

Architecture de lumière

La prouesse architecturale de son concepteur, Hugh Dutton, est de concilier structure et lumière dans un seul objet, la verrière se faisant à la fois réflecteur et diffuseur de lumière. Elle se compose de cinq couches : calepinage verrier faisant offi ce de toiture en pente, structure et trame en menuiserie, habillage en inox poli miroir de la structure, résille de câbles et lamelles radiales en verre translucide et réfléchissant. Ces dernières étant travaillées dans un effet de dégradés, de la périphérie jusqu’à la transparence totale de son ouverture centrale en forme de losange. La structure ainsi dématérialisée privilégie aussi une ornementation lumineuse. Elle est activée par les jeux de lumière des matériaux à l’instar de ceux des lustres qui ornent les espaces patrimoniaux, comme en écho de la lumière des pendeloques de cristal facettées se réfléchissant dans les miroirs muraux. Suivant ce même schéma, la lumière s’anime grâce à des miroirs positionnés selon une inclinaison préalablement défi nie (simulation solaire menée sur toute une année) sur les façades du 3ème étage ainsi que sur la structure. Ces derniers viennent capter la lumière pour la renvoyer en une constellation d’éclats lumineux sur les façades et le sol de la cour.

La lumière, matière et mécène du projet

Projet public, donc financé par l’état, les travaux de la rénovation sont chiffrés à 130 M€. Il en coûtera 3,2 M€ pour la verrière dont 800 000 € financés par les Fondations VELUX® dans le cadre d’une convention exclusive de mécénat. Fidèles à l’ADN de l’entreprise « pour créer des environnements de lumière naturelle », les deux fondations actionnaires (Villum Fonden et VELUX Fonden) à but non lucratif cumulent 20 ans d’engagement en faveur du patrimoine français. Si elles visent à assurer l’indépendance et la pérennité de l’entreprise, quel que soit le devenir des successions familiales, elles restituent une grande part de leurs bénéfices pour servir des projets d’intérêt public. Ainsi depuis leur création en 1971, elles ont apporté leur soutien à de nombreux projets, tant dans des domaines scientifiques, sociaux que culturels, pour un montant de 1,5 milliard d’euros, dont 118 millions en 2018.

*Premier opérateur public, culturel et touristique, le CMN conserve et ouvre à la visite des monuments d’exception ainsi que leur parcs et jardins avec près de 9,5 millions de visiteurs par an. Ces derniers illustrant par leur diversité, la richesse du patrimoine français.


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