Le Bâtiment en quête de retrouver son équilibre

#Quoi de neuf ? Publié le 28 septembre 2020

Si le secteur du bâtiment se rangeait au troisième rang des grands secteurs les plus touchés par la crise sanitaire du Covid-19, il tire partiellement son épingle du jeu. Pendant que le marché de l’amélioration-entretien se trouve porté par le plan de relance à la transition énergétique avec l’élargissement de MaPrimeRénov’, le marché du neuf plonge ! Le point avec Olivier Salleron, Président de la FFB.

Si tout allait bien, ça se saurait. Nul n’est épargné par les deux mois de confinement et la FFB, sous couvert tout de même d’un certain optimisme, ne serait pas dans son rôle si elle n’agitait pas les instances gouvernementales pour relancer le secteur du bâtiment. Il s’agit là de mettre en corrélation la relance de l’activité d’économique du secteur avec la sauvegarde des emplois qui vont avec. Alors quand Olivier Salleron assène en préambule que « la reprise est réussie », il y a tout lieu de se satisfaire comme de douter. Sauf que le français au sens large du terme n’est pas qu’un râleur, il sait aussi faire la part des choses.

Côté positif, « le bâtiment est prêt », nous dit-il et on l’entend bien « les entreprises ont mis les bouchées double cet été pour rattraper leurs pertes, les dossiers validés au 1er trimestre dans le cadre du dispositif MaPrimeRénov’ ont été rapidement débloqués pour relancer immédiatement les travaux qui représentent environ 50 % du CA des artisans ». Véritable accélérateur pour la rénovation thermique des bâtiments, le plan de relance d’un montant global de 30 milliards d’euros a effectivement consacré une enveloppe de près de 7 milliards d’euros dont 4 milliards pour les bâtiments publics (hôpitaux, scolaire, EHPAD…) et 2 milliards pour accélérer les rénovations globales des logements visant ainsi à mieux aider les ménages, bailleurs privés et copropriétés.

A cela s’ajoutent 500 millions d’euros pour des rénovations lourdes du parc social et 200 millions d’euros pour les TPE et PME. Voilà de quoi booster l’activité d’autant plus que les particuliers pourraient bénéficier de MaPrimeRénov’ dès octobre prochain dans des critères d’attribution élargis, à savoir quel que soit leur niveau de revenus mais sous réserve de barèmes à venir. Rassurons-nous, là aussi, la FFB se fait fort de rester vigilante sur l’analyse de ces grilles !

Prudence oblige !

Mais si la dynamique s’entend, Olivier Salleron prévient « on ne retrouvera pas le volume de 2019 ». En effet, le second trimestre a enregistré une perte de 32 %, suivi d’une bonne reprise, « sans plan bâtiment, mais avec des aides comme tout le monde » précise-t-il. Il est clair que le bâtiment a joué son rôle social en maintenant les emplois sacrifiant tout de même au passage 20 800 emplois entre le 1er trimestre 2019 et celui de 2020, essentiellement recensés dans l’intérim. La trésorerie et les marges des entreprises ont certes été lourdement pénalisées mais au final, la perte d’activité du bâtiment se chiffrerait à environ 15 % en volume, avec des disparités importantes entre segments : le logement neuf et le non résidentiel neuf avec des baisses respectives de 23,6 % et 23 % alors que l’amélioration-entretien ne se replierait « que » de 7,6 %.

Rien ne va plus dans le neuf

Le côté négatif, c’est le décrochage de la construction neuve qui représente les 50 % restants de l’activité bâtiment, avec 23,6 % pour le logement neuf et 23,0 % pour le non résidentiel neuf. Sur les sept derniers mois à fin juillet 2020, le plongeon est total comme le précise en chiffres Olivier Salleron : -14,9 % de mises en chantier, -20,1 % de permis de construire, -30,9 % pour la promotion immobilière et -18,1 % pour les ventes en diffus chez les constructeurs de maisons individuelles. Ainsi si les recommandations de la FFB en matière d’aides de rénovation énergétique ont été en partie suivies par le gouvernement, le combat dans le neuf reprendra dès octobre prochain, ce dernier déterminant in fine l’emploi sur les deux années à venir. Il est donc question de se battre sur l’accélération de la simplification des permis de construire, d’augmenter la quotité de 40 % de PTZ neuf dans toutes les zones afin que les banques libèrent du crédit, de prolonger le dispositif « Pinel » au-delà de 2021, etc.

« La construction neuve n’est pas prioritaire dans le plan de relance » déplore Olivier Salleron. C’est un fait car le plan de relance dévolus à la transition écologique sert une politique de l’état, sa vocation étant d’accélérer la transformation écologique de notre société avec pour objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Mais nul doute que les acteurs du neuf, industriels et grosses entreprises du bâtiment, sauront trouver, aux côtés de la FFB, les arguments économiques pour faire valoir leur cause !

Parallèlement, il est certain que la réussite du plan de relance dépendra aussi de la capacité de l’ensemble des acteurs (entreprises RGE) à garantir la fiabilité des travaux réalisés. Les organismes de qualification sont donc sur le pied de guerre. Depuis le 1er septembre, ils traquent les fraudes et augmentent les audits sur tous les travaux concernés par le volet verdissement du plan de relance. D’un côté comme de l’autre, il ne s’agit plus de jeter de l’argent par les fenêtres !

N°136

Septembre 2020


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