« Il faut choisir ses ambitions »

Jacques Chanut, Président de la FFB

#Quoi de neuf ? Publié le 6 novembre 2018

Jacques Chanut président de la Fédération Francaise de Batiment

Un vrai « coup bas pour la rénovation énergétique ! », réagissait la FFB dans un communiqué diffusé mi-septembre, quelques heures après la nouvelle annonce du gouvernement du maintien d’un CITE excluant les fenêtres, ouvrants et chaudières performantes au fioul. « Une solution inacceptable », tonnait son président, Jacques Chanut, qui revient sur le sujet pour L’Echo de la Baie.

En quoi le maintien d’un « CITE dégradé », selon l’expression du communiqué de la FFB, vous semblet- il une mesure « contre-productive » ?

Jacques Chanut : Il faut d’abord signaler un problème de méthode. Ces exclusions avaient été justifiées par un rapport contestable de l’Ademe, auquel le SNFA avait d’ailleurs répondu manière argumentée. Il nous avait été dit que le rabotage serait transitoire et que le champ du CITE serait plus globalement réétudié après qu’un nouveau rapport de l’Ademe, plus approfondi, ait été mis au débat. Je constate qu’il n’en est rien : aucun nouveau rapport n’a été communiqué, mais on prolonge le coup de rabot… donc la perte d’efficacité. De fait, le changement de fenêtre constitue souvent un point d’entrée dans la rénovation énergétique, le premier contact avec un artisan ou une entreprise sur ce sujet, donc la première occasion de se voir proposé un parcours vers plus d’efficacité. En copropriété, il s’agit même des seules interventions facilement réalisables car sur parties privatives. Quant aux chaudières haute performance au fioul, dans les territoires ruraux, dans les zones non dotées de réseaux de gaz ou de chaleur, elles constituent la seule véritable alternative au chauffage tout électrique. On pénalise, là encore, les territoires éloignés des métropoles.

Que répondez-vous à l’argument financier avancé et à l’enveloppe d’aide annoncée ?

J. C. : Je réponds d’abord que nous avons proposé des solutions raisonnables. Par exemple, concernant les fenêtres, de limiter le CITE au remplacement du simple vitrage, avec un taux de 15 %. Nous n’avons reçu aucune réponse à cette proposition. Je réponds ensuite qu’il faut choisir ses ambitions et s’inscrire en cohérence. On ne peut d’une main afficher dans la Stratégie nationale bas carbone de la France, révisée en 2018, la cible d’une neutralité carbone du parc en 2050, soit une réduction de 100% des émissions de CO2 par rapport à 1990, et d’une autre main mais dans le même temps, réduire les incitations, faire comme si des obligations de travaux allaient pallier ce recul et durcir tellement l’accès au RGE qu’il deviendra réservé à une petite élite.

Vous dénoncez l’absence de dialogue et de transparence. Comment envisagez-vous la suite ?

J. C. : Nous travaillons en filière, avec les autres acteurs professionnels, au sein du Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique, à définir rapidement une proposition complète, de nature à répondre aux engagements pris par la France. Sur cette base, la FFB sollicitera bien évidemment l’avis de tous les parlementaires, alors que vont s’ouvrir les débats sur le projet de Loi de finances pour 2019.

Propos recueillis le 5 octobre 2018.

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