CSTB, de la norme à l’usage : la nouvelle équation des produits de la baie

#Quoi de neuf ? Publié le 20 mars 2026 par L'Echo de la Baie

Les experts du CSTB intervenus lors de la Journée technique des Produits de la Baie.

 

À l’occasion de la Journée des Produits de la Baie organisée le 12 mars dernier par le CSTB, la filière a pris la mesure des transformations en cours. Dans un contexte de transition environnementale, de pression réglementaire et d’évolution des usages, c’est un véritable changement de paradigme qui se dessine : la baie ne se pense plus comme un produit isolé, mais comme un système global, au croisement des enjeux de durabilité, de performance réelle et de santé des occupants.

Certification : vers des référentiels plus lisibles et opérationnels

Premier marqueur de cette évolution, la certification poursuit sa mue pour gagner en lisibilité et en efficacité. Le CSTB engage un travail d’harmonisation entre référentiels, à l’image du rapprochement entre NF220 (CSTB) et NF297 (FCBA), avec une uniformisation du marquage (NF Fenêtres – fenetres-nf.fr) quel que soit le matériau. L’objectif est clair : simplifier la lecture des performances, tout en facilitant l’accès à la certification pour des industriels de plus en plus organisés dans une logique multi-matériaux et multi-marchés. Cette évolution passe aussi par une transformation des outils. Le certificat devient progressivement un document paramétrable selon les dimensions, les performances A*E*V* ou encore les options produits. À horizon 2027, il devrait permettre un accès plus direct et plus fin à l’information, en phase avec les pratiques de la prescription. Dans le même temps, les référentiels intègrent de nouvelles dimensions, à commencer par l’allongement des classes d’endurance pour la NF202 – Fermetures et stores, désormais certifiables jusqu’à 21 000 cycles. Son périmètre de certification s’élargit également, avec l’intégration des moustiquaires avec critères associés (résistance au vent, endurance mécanique, manœuvres, corrosion) et, à venir, celle des stores ZIP, traduisant une prise en compte croissante des solutions de confort d’été. Au-delà des ajustements techniques, c’est bien une certification plus opérationnelle qui se dessine, conçue comme un outil d’aide à la décision plutôt que comme une simple validation normative.

Durabilité : de la performance produit à la performance en usage

La durabilité s’impose comme le fil rouge de cette édition. Mais elle change de nature. Longtemps appréhendée à travers des durées de vie théoriques, elle est désormais abordée à l’aune de la performance réelle en service. Les travaux présentés par le CSTB, notamment dans le cadre du projet EPERCODE, visent à mieux comprendre le comportement des produits dans le temps, en analysant leurs performances résiduelles après dépose. Fenêtres, volets ou blocs-portes deviennent ainsi des objets d’étude, avec l’objectif d’évaluer leur potentiel de réemploi ou de prolongation de durée de vie. Une évolution qui intervient dans un contexte où la filière est confrontée à une double exigence : répondre aux objectifs environnementaux tout en maîtrisant les coûts et la sinistralité. Cette approche s’accompagne de l’émergence de la notion de réparabilité, appelée à devenir un critère structurant. Elle interroge la conception même des produits : démontabilité, accessibilité des composants, disponibilité des pièces ou encore coût de réparation.

Mais l’un des enseignements majeurs réside dans le poids déterminant de la mise en œuvre. Plus de la moitié des désordres techniques observés sont liés à des défauts de pose, et non aux produits eux-mêmes. Dans ce contexte, la performance ne peut plus être dissociée de la qualité de conception et d’installation, un enjeu d’autant plus stratégique que les coûts de sinistralité pèsent directement sur l’équilibre économique des acteurs. Le CSTB renforce ainsi ses dispositifs de formation et de certification des entreprises de pose, considérant la compétence des acteurs comme un levier essentiel de durabilité. La valeur ne réside plus uniquement dans le produit certifié, mais dans la chaîne complète, de la prescription à l’usage.

A gauche : Banc d’endurance pour tester les mécanismes  d’ouverture et de fermeture des volets et stores. ©CSTB

A droite : La plateforme de formation par le geste du CSTB Grenoble,  dédiée à la mise en oeuvre des produits de la baie. ©CSTB       

 

Nouveaux usages : lumière, confort d’été et santé au cœur des enjeux

Au-delà des aspects techniques et réglementaires, la journée a mis en lumière un troisième axe de transformation : l’impact des baies sur la santé et le confort des occupants. Les avancées scientifiques sur les effets de la lumière naturelle redéfinissent le rôle de la fenêtre. L’éclairement ne se limite plus à une fonction visuelle : il influence les rythmes circadiens, le sommeil et la vigilance. De nouveaux indicateurs, comme le mEDI, intègrent cette dimension biologique. Ces connaissances interrogent certaines pratiques, notamment en matière de vitrages très performants mais moins transmissifs ou d’éclairage artificiel. Elles repositionnent la baie comme un élément clé de la qualité sanitaire du bâtiment. Parallèlement, les enjeux de confort d’été et d’adaptation climatique prennent une place croissante. Le projet RENOPTIM met en évidence la diversité des comportements des occupants et les limites des approches purement techniques. L’efficacité des protections solaires, notamment lorsqu’elles sont automatisées, apparaît déterminante pour limiter les surchauffes, malgré des freins d’usage encore présents. Ces travaux confirment une évolution majeure : la performance des baies se mesure désormais dans leur interaction avec les usages, les comportements et les conditions réelles d’occupation. Reste désormais à traduire ces avancées en pratiques généralisées sur le terrain, seul véritable juge de paix de la performance.

Certification CSTB : les chiffres clés 2025

La dynamique des certifications témoigne d’un marché structuré et en évolution :

• NF220 – Fenêtres et Blocs-baies PVC et Aluminium RPT : 632 certificats actifs, 132 sites certifiés.
• NF202 – Fermetures et stores : 110 certificats actifs, 49 sites certifiés.
• NF421 – Portes de garage pour habitat individuel : 6 certificats, 2 sites certifiés. Nouveau référentiel rev05 incluant une modification des critères anticorrosion, une option « résistance à l’effraction », une passerelle avec NF202 pour faciliter l’accès à la certification des portes enroulables (réduction des coûts d’essais, audit réduit à 0,5 j en cas d’audit conjoint).
• CE 22 – Blocs-portes et menuiseries industrielles : 19 certificats, 11 titulaires.

Ces dispositifs évoluent pour accompagner la diversification des produits, l’industrialisation multi-matériaux et l’adaptation aux enjeux climatiques.


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