Avec Vinyl+ France, le SNEP change de dimension
#Quoi de neuf ? Publié le 23 juin 2026 par L'Echo de la Baie
Au cours du mois de juin, le SNEP doit franchir une étape attendue : son passage sous bannière Vinyl+ France. Le nom change, mais le sujet reste le même : défendre le PVC du bâtiment, ses usages, ses preuves et ses industriels. Avec une différence de taille : le syndicat veut parler au nom d’une filière élargie, mieux reliée à l’Europe et plus armée dans le débat public. Nicolas Barros, président du SNEP, Sylvain Gaudard, responsable communication, et Nayla Sammour, déléguée générale, détaillent ce changement d’échelle.
Pourquoi le SNEP avait-il besoin de changer de dimension ?
Nicolas Barros : Le SNEP occupe une place singulière : il est seul à défendre le PVC comme matériau, dans ses multiples applications du bâtiment. Mais il fallait lui donner un relais plus fort. Aujourd’hui, le PVC reste associé à beaucoup de raccourcis, alors que nous parlons d’un PVC principalement produit pour des applications durables, soumis à des exigences fortes et fabriqué par des entreprises implantées en France. Pour autant, nous avions besoin d’une feuille de route plus lisible, d’un lien plus direct avec l’Europe et de moyens élargis.
Ce passage à Vinyl+ France marque-t-il une rupture avec l’histoire du SNEP ?
N.B. : Non. Les adhérents ont été consultés et la décision a été votée à l’unanimité. Rien n’a été imposé. Nous gardons ce qui faisait la force du SNEP : son expertise technique. La division technique conservera d’ailleurs le nom SNEP au sein de Vinyl+ France, parce que ce repère compte encore beaucoup pour les adhérents. En revanche, nous changeons de périmètre. Le SNEP était historiquement lié à l’extrusion PVC. Avec Vinyl+ France, nous intégrons également l’injection, d’autres procédés et d’autres usages, comme le PVC souple des revêtements de sols et des membranes. L’ambition est simple : devenir le syndicat légitime sur toutes les solutions PVC en France.
Pourquoi déplacer le discours de l’application vers la matière ?
Nayla Sammour : Parce que les sujets qui nous arrivent dépassent désormais la seule fenêtre, le seul tube ou le sol. On ne peut plus raisonner uniquement par produit fini. Il faut montrer ce que la matière PVC apporte, quel que soit l’usage. C’est ce déplacement qui permet d’ouvrir le périmètre, notamment vers le PVC souple et vers des industriels qui ne se reconnaissaient pas forcément dans le cadre du SNEP, comme les producteurs de sols. Nous additionnons des briques d’expertise : extrusion, PVC rigide, résine, PVC souple, recyclage… L’enjeu est de parler d’une seule voix sur l’ensemble de la matière.
Que peut attendre un industriel d’un syndicat plus large ?
N.B. : D’abord, qu’il défende ses intérêts avec plus de poids. La réglementation évolue constamment : feu, additifs, certifications. Un syndicat doit apporter de la connaissance, permettre l’échange, aider les entreprises à prendre de l’avance sur les évolutions du marché et, si nécessaire, contribuer à faire bouger les textes. Certaines règles restent trop imprécises et peuvent par exemple laisser entrer des produits importés qui ne répondent pas aux mêmes exigences. Notre rôle de syndicat est aussi de remettre des faits, des preuves et de l’expertise produit dans la discussion.
Sylvain Gaudard : Il s’agit aussi de créer des conditions favorables à l’activité des industriels. Quand on lève un frein réglementaire, quand on partage de bonnes pratiques en matière de circularité ou de décarbonation, quand on produit des argumentaires solides, on aide les entreprises à avancer et même à accélérer. Toutes n’ont pas un service communication ou affaires publiques. Vinyl+ France doit leur donner des outils factuels pour être proactives et réactives dans leur situation de marché.
Le SNEP veut-il désormais assumer une parole plus offensive ?
N.B. : Oui, mais il faut bien comprendre le sens de ce mot. Nous ne voulons pas faire de l’influence pour masquer les choses. Le PVC n’est pas un matériau naturel, il reste majoritairement issu du pétrole. Si nous le promouvons, c’est parce qu’il a toute sa place dans ses applications techniques. C’est un matériau aux performances indéniables, très résistant, abordable et très contrôlé, qui a fait ses preuves. Nous devons sortir d’une parole uniquement défensive. Il faut aussi promouvoir ce qui fonctionne, expliquer nos métiers, nos process et nos engagements.
Que change l’appartenance à Vinyl+ Europe ?
S.G. : Elle nous donne une force supplémentaire. Vinyl+ Europe dispose de moyens plus importants et agit déjà auprès des instances européennes. L’intérêt fonctionne dans les deux sens : faire descendre vers la France des ressources, des positions, des outils et faire remonter les sujets du terrain français quand ils nécessitent une réponse plus large. Beaucoup de sujets réglementaires ou environnementaux se jouent désormais à l’échelle européenne. Il faut donc être présent là où les arbitrages se construisent.
Cette montée en puissance est-elle déjà visible dans l’organisation ?
N.S. : Oui. Une responsable technique et réglementaire a rejoint l’équipe pour renforcer les ressources permanentes. La montée en puissance se fera aussi dans les commissions, avec des profils plus variés. C’est précieux, parce que cela bouscule les habitudes et enrichit les échanges. L’équipe permanente reste en place : il ne s’agit pas de repartir de zéro, mais de donner plus de moyens, plus d’amplitude et plus de visibilité à un travail déjà engagé.
Avec Vinyl+ France, le SNEP ne disparaît donc pas. Il change de format. Son socle technique demeure, mais il s’ouvre à une lecture plus large du PVC, à une maille européenne et à une parole enrichie. Pour la filière, le défi est désormais de porter une parole claire sur un matériau souvent jugé avant d’être compris. www.snep.org
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