SNEP décarboner la filière, ensemble et pour de bon
#Quoi de neuf ? Publié le 20 mars 2026 par L'Echo de la Baie
Visuel de la feuille de route décarbonation du SNEP © SNEP
Avec sa feuille de route décarbonation, le Syndicat National de l’Extrusion Plastique (SNEP) ne pose pas seulement une ambition : il formalise, à l’échelle de la filière, une trajectoire à horizon 2035, fondée sur plusieurs leviers concrets, comme l’intégration de matières recyclées, l’écoconception, la récupération de la matière, l’efficacité industrielle et l’innovation. Pour Pascale HAUCK, directrice d’agence COMPOUND PVC de spécialité chez Paprec Plastiques ACTIPLAST 44 et membre active du syndicat, cette démarche collective permet d’avancer avec des objectifs réalistes, des données plus solides et un cadre plus lisible pour ce versant particulier de la plasturgie.
En quoi cette feuille de route change-t-elle la donne pour les industriels ?
Pascale Hauck : Elle propose enfin un cadre commun à ce qui était parfois encore dispersé. Cette feuille de route ne se contente pas d’afficher une ambition : elle dresse le bilan des actions déjà engagées dans la filière, fixe un horizon à 2035 et identifie des leviers très concrets pour réduire l’empreinte carbone de la plasturgie. Parmi eux, l’augmentation de la part de recyclé, l’écoconception dès l’amont, la récupération et la valorisation de la matière, l’amélioration de l’efficacité énergétique des sites et de la logistique, ainsi que l’innovation dans la chaîne de valeur.
Ce qui change, c’est que tout cela est désormais mis en perspective dans un cadre collectif, avec des objectifs partagés, des repères communs et la volonté de parler un langage plus harmonisé face aux clients et aux partenaires.
Le cadre du SNEP permet-il aussi de dépasser la concurrence habituelle ?
Pascale Hauck : Oui, très clairement. À un moment donné, nous ne sommes plus seulement des concurrents : nous devenons des contributeurs. Cela change la nature des échanges. Nous pouvons partager des constats, comparer des pratiques, regarder ce qui fonctionne et ce qui peut être transposé d’une entreprise à l’autre. C’est d’autant plus intéressant que cette réflexion réunit des profils différents : des compounders, des acteurs du produit fini, des fournisseurs de matière vierge. Cette diversité donne de la richesse à la discussion et permet de s’entendre sur des objectifs atteignables.
Quels leviers vous paraissent aujourd’hui les plus concrets pour décarboner la plasturgie ?
Pascale Hauck : Le premier, c’est l’augmentation de la part de recyclé. Il faut néanmoins en parler avec sérieux : le recyclé vient en soutien de la matière vierge, il ne la remplace pas totalement. Mais mieux l’intégrer permet déjà d’alléger l’empreinte carbone. L’autre levier essentiel, c’est l’écoconception. Si l’on veut mieux recycler, il faut y penser dès le départ, dès la conception des produits.
Il y a aussi toute la récupération de la matière. Sur ce point, le fait d’appartenir aujourd’hui à Paprec nous donne une vision très concrète de ce que peuvent apporter un maillage territorial, des installations adaptées et une vraie capacité de collecte et de traitement. Enfin, l’efficacité énergétique reste un chantier majeur. Tout commence par un diagnostic sérieux des consommations pour identifier les postes les plus énergivores et agir ensuite sur les équipements, les moteurs ou, selon les sites, sur des solutions comme le photovoltaïque.
Cette feuille de route a aussi le mérite de poser un cadre réaliste. Est-ce important ?
Pascale Hauck : Oui, parce qu’une filière industrielle a besoin de lucidité. Aujourd’hui, tout le monde parle de décarbonation, parfois avec des annonces très spectaculaires. Or il faut aussi dire ce qui est possible, ce qui le sera demain et ce qui reste encore difficile. Sur le recyclé, il existe des limites : la collecte n’est pas parfaite, il y a des pertes dans les process, des contraintes normatives, des limites techniques. Les rappeler, ce n’est pas affaiblir le sujet, c’est lui donner du sérieux. Le mérite du SNEP est justement de replacer la discussion dans un cadre plus juste, avec des chiffres, des repères et une vision d’ensemble.
Qu’attendez-vous désormais du SNEP ?
Pascale Hauck : D’abord, un appui fort sur le plan réglementaire. Seules, les entreprises peuvent vite se heurter à la complexité des textes et des évolutions à venir. J’attends aussi du syndicat qu’il continue à faire émerger des données solides, reconnues, que nous puissions utiliser face à nos clients. C’est particulièrement important pour nous, compounders. Nous travaillons sur un semi-produit, pas sur un produit fini, et nous ne disposons pas toujours des mêmes outils de valorisation. Le fait d’être dans le cadre du SNEP donne plus de légitimité aux données que nous portons. Lors du diagnostic, chacun pouvait avoir sa propre valeur sur le poids carbone du PVC. Le travail collectif aide justement à harmoniser les repères et à parler un même langage. C’est essentiel pour gagner en crédibilité.
Pourquoi cette dynamique peut-elle donner envie à d’autres entreprises de rejoindre le SNEP ?
Pascale Hauck : Parce qu’elle apporte du concret. Rejoindre le SNEP, ce n’est pas seulement adhérer à une structure. C’est entrer dans un espace où l’on échange, où l’on confronte ses pratiques, où l’on gagne du temps et où l’on construit des positions plus solides. Quand on partage les retours d’expérience, on progresse plus vite. Cette intelligence collective permet aussi de sortir d’une communication isolée. Elle aide à replacer chaque performance dans un cadre plus cohérent, plus honnête, plus utile pour l’ensemble de la filière.
Quel message souhaitez-vous faire passer pour conclure ?
Pascale Hauck : La décarbonation de la plasturgie ne se décrète pas. Elle se construit, étape après étape, avec de la méthode, de la constance et une envie réelle d’avancer ensemble. Cette feuille de route fixe un cap, donne des repères communs et replace chaque effort dans une dynamique collective. C’est ce patient travail de filière qui lui donne aujourd’hui sa force et sa crédibilité.
Téléchargez la feuille de route décarbonation du SNEP
Vous aimerez aussi
Patrice Bondy, « La lumière en plus »
INTERVIEW PATRICE BONDY, Directeur général du Groupe LIEBOT Patrice Bondy ne ressemble...
K•LINE accélère la standardisation du bas carbone
K•LINE généralise le bas carbone à l’ensemble de ses menuiseries, sans surcoût ni compr...
Abonnez-vous
Profitez du magazine où et quand vous voulez. Abonnements papier et offres 100% numériques sur ordinateur, tablette et smartphone
Déjà abonné ? Identifiez-vous